Quelques remarques sur l’axe Verdanson/11 novembre

Suite à la réunion publique du jeudi 3 novembre, un petit point sur la situation.

Commençons par le positif. La remise en cause de l’anneau à sens unique, d’abord, est une bonne chose, puisque l’intention affichée n’est pas de faciliter le trafic de transit dans le centre, mais au contraire d’y favoriser la desserte locale. On peut toujours émettre des réserves, mais les premières images du projet sont encourageantes.

On ne parle pas encore de zone 30, et encore moins de zone de rencontre, mais si la réalisation est proche des “vues d’artistes” présentées au public, le nouvel aménagement sera favorable à la modération de la vitesse.

Au cours de l’année écoulée, le tracé lui-même a évolué, et dans le bon sens.

La remontée se fait maintenant jusqu’à la place du 11 novembre sur la rive droite du Verdanson, évitant complètement le boulevard Louis Blanc. C’était une demande pressante et légitime des riverains.

Le flux allant de l’allée de la Citadelle vers Verdanson va finalement passer derrière la voie ferrée, sur la rue d’Argencourt, évitant une place du 11 novembre qui à partir d’avril 202 sera traversée par une centaine de trams par heure (lignes 1, 2 et 4). Pour d’autres raisons (l’objectif était de rendre de l’espace aux piétons et cyclistes), nous le préconisions il y a un an sur ce blog.

Restent quelques points dont nous espérons qu’ils seront traités avec le plus grand soin dans la phase opérationnelle qui démarre.

1) Réaménagement de la transition entre Boulevard Louis Blanc et rue du Pila Saint Gély (notamment traversée cyclable vers les Beaux-Arts, aujourd’hui impossible sans emprunter les passages piétons).

2) Reprise du tracé cyclable entre rue du faubourg de Nîmes et la rue de la Fontaine du Pila, où un écoulement eaux pluviales bloque le passage et crée un conflit avec les piétons.

3) Double-sens cyclable rue Proudhon, entre la rue de la Cavalerie et le Verdanson, pour permettre l’accès aisé à l’Ecusson. Aujourd’hui, les cyclistes devraient passer par la rue Délicieux, mais passent en sens “interdit” sur la rue Proudhon.

4) Aménagement d’une vraie place entre la rue Proudhon et la rue Vernières (place de la Fontaine du Pila?). Revêtement clair sur toute l’étendue de la place, de la rue Proudhon à la station de tram, même là où roulent les voitures. Délimitation des voies automobiles par potelets, sans trottoir. Remplacement de l’herbe par un revêtement piéton sur le tracé du tram, pour faciliter l’accès aux commerces installés dans le nouveau bâtiment.

5) Pas de rallongement des traversées piétonnes au début de l’avenue de Nîmes. Bien sûr, l’objectif affiché est de faciliter la sortie des voitures vers l’avenue de Nîmes, mais elle ne doit pas se faire au détriment des circulations piétonnes. D’autant que les piétons continueront d’emprunter le chemin le plus court, comme ils le font rue des Etats du Languedoc ou sur la place du 8 mai, malgré le danger.

6) Pour la même raison, maintien d’un trottoir au tout début du Verdanson, à côté de la fontaine de l’Octroi (sur les plans présentés, le trottoir “sud” disparaît complètement. En l’absence de continuité du trottoir, les piétons empièteront sur la voie automobile plutôt que de faire un détour pénalisant.

Deux autres points  ont été peu détaillés et méritent qu’on s’y intéresse :

Comment sera assurée la continuité cycliste entre le Verdanson et l’avenue Léon Valois, lors de la traversée de l’avenue de Nîmes ?

Que va devenir la troisième voie entre la rue de Villefranche et la rue Ferdinand Fabre ? Il serait dommage qu’elle soit laissée aux voitures, ce qui ferait perdre son sens à cet aménagement prometteur. Une solution serait de déplacer le stationnement vers le côté Ecusson (y compris stationnement livraison à l’arrrière des commerces, et de placer les pistes cyclables en face.

Malgré ces questions, il y a lieu d’être optimiste. N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques !

Un carrefour sans feux

La ville change…

Trouvée chez un bouquiniste, cette carte montre l’extension de la zone urbaine il y a environ un siècle…

La voie de chemin de fer de Rabieux (avenue de la Liberté/avenue Albert Dubout) délimite encore la ville au sud. A l’est, on commence à peine à construire de l’autre côté du boulevard de Strasbourg. Les espaces occupés aujourd’hui par Antigone et le Polygone sont toujours des terrains vierges de constructions, et le resteront encore longtemps… Au nord, la rue Proudhon et la rue Moquin-Tandon semblent servir de frontière à la zone urbanisée. A l’ouest, enfin, l’urbanisation se limite aux abords des Arceaux. Montpellier est une petite ville endormie…

Que les spécialistes en histoire locale nous pardonnent d’éventuelles exactitudes, et n’hésitent pas à nous les signaler. Quelqu’un saurait dater cette carte plus précisément ?

Pour les amateurs, d’autres cartes sont accessibles à partir du site de la Ville de Montpellier. Vous  avez même la possibilité de superposer des cartes anciennes sur la ville d’aujourd’hui, et de comprendre mieux les différentes strates qui la composent !

Tanneurs/Verdanson, un axe à apaiser

Sur ce tronçon, plus qu’ailleurs, la présence de feux tricolores génère des à-coups dans le flux de véhicules. La rue semble déserte, puis un feu passe au vert un peu plus haut et une quarantaine de voitures dévalent à grande vitesse, et avec grand bruit. Une minute plus tard c’est fini, pour mieux recommencer la minute après.

Alors que le PLD nous questionne sur nos souhaits pour la ville de demain, peut-on imaginer un aménagement plus conciliable avec la vie de quartier, et avec les modes actifs de déplacement (marche à pied, vélo) ?

L’itinéraire

L’aller (place du 11 novembre > Place Albert 1er) se fait par l’itinéraire habituel.

Le retour (Place Albert 1er > Place du 11 novembre), nouveauté de ce PLD, est plus complexe. Nous proposons d’utiliser le tracé initialement proposé par la Ville, qui emprunte la rive droite du quai des Tanneurs au lieu du boulevard Pasteur. Le tronçon suivant, entre la rue Ferdinand Fabre et la rue de Villefranche, ne pose pas de problème de place, le Verdanson y étant couvert. En tournant à droite dans la rue de Villefranche, on rejoint ensuite le boulevard Louis Blanc, puis le tunnel du Corum.

L’itinéraire à double sens sur le quai des Tanneurs, proposé initialement par la Ville, aurait été rejeté par certains riverains (une pétition a circulé). Une alternative empruntant le boulevard Pasteur a donc été proposée.

Bien sûr, après de nombreuses années soumis à un bruit intense, il est légitime de la part des riverains de souhaiter éloigner une part du trafic. Mais la question est-elle vraiment là ? Si on souhaite vraiment écouter les riverains, il faut s’attaquer au problème du bruit et à celui de la sécurité. Et donc, s’attaquer à la vitesse, au lieu de reporter le problème plus loin.

Réduire la place de la voiture… et la vitesse

Nous proposons la mise en voie simple de l’itinéraire historique, avec création de places de livraison à proximité des commerces. Une largeur de voie de 3m, dont 50cm de bordure revêtue d’un matériau différent réduirait de fait la vitesse, sans qu’il soit nécessaire de modifier la vitesse maximum légale.

Un tel aménagement (qui pourrait être réalisé dans les deux sens) permettrait de supprimer les feux tricolores, et de réguler les différents croisements par une simple priorité à droite. La situation est d’autant plus simple que les rues à droite sont des rues à sens unique sortante (rue proudhon, rue Belmont, rue de la Cavalerie, rue Jugan, rue du faubourg Boutonnet). Le seul croisement “délicat” est celui de la rue de Villefranche en provenance de la rue Lakanal, mais une configuration intelligente et une vitesse réduite éviterait tout risque d’accident.

Un dispositif cohérent avec la volonté affichée par la Ville

Les avantages du tracé et de l’aménagement proposé sont multiples  :

  • Rendre l’anneau de distribution moins attractif que la ceinture de protection.
  • Réduire la vitesse (et le bruit) sans réduire le débit
  • Rendre la traversée plus simple et plus sûre pour les piétons
  • Libérer de la place pour les modes doux

Ce schéma, déjà présenté à quelques habitants et commerçants du quartier, pourra être discuté avec les riverains lors de réunions publiques restant à organiser.

Un projet pour la place du 11 novembre

Nous avons décrit dans un précédent article le projet de mettre l’allée de la Citadelle à une voie, en limitant l’usage du tunnel de la Comédie à la desserte du parking. Cet aménagement, qui réduit le nombre de véhicule descendant vers la place du 11 novembre, permet d’envisager un nouvel aménagement pour cette place.

Contourner la place plutôt que la traverser

L’idée retenue est d’éviter au maximum les traversées, afin de libérer de l’espace sur la place tout en simplifiant les croisements. On aménage donc un itinéraire circulaire (en rouge sur le plan ci-dessous) contournant la place.

Le principal obstacle est le flux provenant de l’avenue de Nîmes, lors de son croisement avec le flux provenant d’Antigone. Les véhicules désirant aller vers Antigone doivent emprunter la rue Vernières et le Tunnel Comédie. Un tel détour rend l’itinéraire plus difficile, et incite les automobilistes à emprunter un itinéraire plus éloigné du centre.

Le cœur de la place, transformé en zone de rencontre, est réservé aux piétons, vélos, tram, ainsi qu’à la desserte en voiture du parking du Corum.

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Beaux-Arts/Boutonnet/Pierre-Rouge

Suite à une discussion avec l’association Beaux-Arts Pierre-Rouge devant la Maison de la Démocratie, après une réunion de concertation, nous avons eu l’idée de continuer la réflexion sur place, aux Beaux-Arts.

Une première réunion (une dizaine de participants) a permis d’identifier les problèmes de déplacements dans le quartier et dans les quartiers proches.

Le plus gros problème mentionné était le flux de véhicules descendant de la rue Lakanal vers l’avenue de Nîmes, via la rue de la Cavalerie et la rue de la Poésie.

Lors d’une deuxième réunion, un schéma de circulation alternatif a été imaginé. Il s’agissait de réduire le trafic de transit en favorisant l’utilisation des voies radiales (avenue Charles Flahaut, avenue de Nîmes), de l’anneau de distribution (Verdanson/Tanneurs), et la ceinture de protection (avenue de la Justice), sans pour autant imposer de nuisances aux habitants.

Ce projet, qui reste à discuter plus largement, prolonge simplement l’itinéraire de transit en changeant le sens de circulation sur deux voies, la rue du 81e RI et le bas de la rue Lakanal, entre rue de Villefranche et la rue de la Cavalerie.

Ces modifications ne seront possibles qu’une fois l’anneau de distribution à double sens mis en place. De cette façon, les véhicules descendant la rue de Villefranche rejoignent l’anneau de distribution et peuvent atteindre Antigone via l’avenue Jean Mermoz.

Les autres problèmes relevés lors de la première réunion (stationnement, signalisation) feront l’objet d’un autre article.

Ne pas se tromper d’époque

Les axes principaux supportent 70 à 85% du trafic urbain. Devant ce constat, la plupart des spécialistes se résignent : “modérer la circulation dans les quartiers, oui, mais sur les axes principaux, il n’y a rien à faire”.

On dirait, mot pour mot, la ligne directrice du nouveau PLD de la Ville de Montpellier. Non, c’est un extrait de “Le Temps des rues”, document datant de… 1990! qui poursuit ainsi :

A l’inverse, d’autres spécialistes considèrent que c’est précisément sur ces axes principaux qu’il faut rechercher des améliorations en priorité, car tous les problèmes, le bruit, la pollution de l’air, les accidents s’y trouvent fortement concentrés.

Des arguments forts pour un plan ambitieux de modération des vitesses sur nos boulevards, et pas seulement dans les rues résidentielles…

Itinéraires interquartier conseillés

Ce document, diffusé hier par la Ville dans le cadre de la concertation sur le nouveau PLD, détaille les modifications apportées aux sens de circulation depuis le 3 août dans le quartier Gambetta-Renouvier-Clemenceau.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir. Vous pouvez aussi la télécharger.

Une question, pour commencer. Les itinéraires violet, noir et vert entre la place du 8 mai et l’Arc de Triomphe ont une longueur de 1,3km en passant par Renouvier, 3,6km en passant par l’avenue de la Liberté. A l’heure du GPS généralisé, ce type de balisage “indicatif” a-t-il une chance de réduire la circulation sur les boulevards, ce qui semble être l’intention dans ce cas précis ? Des mesures complémentaires (zones de rencontres, voies plus étroites, priorités à droite plutôt que feux tricolores, etc.) auraient l’avantage d’inciter au contournement de l’anneau de distribution par l’extérieur. Peut-être sont-elles prévues ?

Et pour finir, une remarque concernant l’itinéraire violet : soit le véhicule part effectivement de l’avenue Léon Blum, et il est regrettable que la voiture reste le moyen de transport choisi, soit le véhicule vient du Millénaire, et l’itinéraire devrait alors éviter le boulevard de Strasbourg et emprunter plutôt le chemin de Moularès et l’avenue Albert Dubout…

L’allée de la Citadelle, autoroute cyclable?

L’allée de la Citadelle, cette voie qui descend entre le Corum et la voie ferrée jusqu’à l’avenue de Nîmes est surdimensionnée. Certains des  usages actuels gagneraient à être remis en question, ce qui permettrait de réaffecter une part de cette voie aux vélos.

La mise en place de l’anneau de distribution à double-sens devrait rendre inutile l’existence de traversées directes à travers le centre ville. Une première mesure serait de limiter l’accès au tunnel Comédie à la la desserte du parking du même nom. Une autre consisterait à mettre le haut du boulevard d’Antigone en sens unique descendant, interdisant la remontée vers l’allée de la Citadelle.

Une transformation radicale

Le flux résiduel serait constitué de la desserte du parking Comédie, ce qui semble cohérent avec les intentions affichées par le PLD de décourager les flux de transit, et permettrait le passage à une voie automobile au lieu de deux.

La deuxième voie pourrait alors être affectée aux piétons et aux cyclistes.

Sur la première partie du tracé, entre le débouché du tunnel de la Comédie et l’accès piéton de l’Esplanade, la voie automobile serait placée à gauche. Entre ce point et l’embranchement du viaduc Loubat, la voie automobile serait placée au centre. Puis, jusqu’à la place du 11 novembre, elle serait placée à gauche. Les transitions entre ses portions seraient assurées par des chicanes qui limiterait la vitesse des voitures et permettraient le croisement avec les flux piétons et cyclistes.

De plus, la vitesse étant réduite à l’entrée du viaduc Loubat, ce dernier deviendrait cyclable, permettant aux cyclistes de rejoindre rapidement le haut de l’avenue de Nîmes.

Une nouvel axe cyclable

Ce nouvel aménagement permettrait la circulation rapide des vélos entre le Polygone et le nord de la ville. Aujourd’hui, les vélos empruntent l’Esplanade, mais la cohabitation avec les piétons à hauteur du Triangle est délicate, et la connexion avec les Beaux-Arts est difficile.

Une descente et une remontée facile inciterait de nouvelles personnes à choisir ce mode de déplacement pour se rendre dans le quartier Comédie-Polygone.

Débit ou vitesse, faut-il choisir ?

Extrait de la fiche Certu “Vitesse et fonctionnement urbain” (http://www.certu.fr/catalogue/product_info.php?products_id=1127)

La courbe « débit/vitesse » montre que le seuil optimum de capacité d’écoulement de trafic d’une voie urbaine est atteint avec une vitesse de l’ordre de 50 km/h. Le débit est alors d’environ 2 000 véh/h. Sachant qu’en milieu urbain, le trafic à l’heure de pointe est de l’ordre de 10 % du trafic journalier, ce seuil permet d’écouler à 50 km/h un trafic de l’ordre de 40 000 véh/jour pour une voie double sens, trafic très rarement atteint. Par ailleurs, baisser la vitesse à 30 km/h réduit la
capacité de 10 % seulement. On peut ainsi atteindre des capacités très fortes sur des 2×1 voie. Pour répondre à des problèmes de capacité, une mise à 2×2 voies est donc rarement nécessaire et doit avoir un caractère exceptionnel.
Dire que réduire la vitesse entraîne une diminution de la capacité est un mauvais argument.
Par ailleurs, le gain de temps imputable à la vitesse est très faible, voire dérisoire, car les nombreux aléas de l’urbain (traversées de carrefours, feux tricolores, …) font que la vitesse moyenne reste faible (largement inférieure à 50 km/h, souvent inférieure à 30 km/h dans les quartiers denses de coeurs de villes).


L’abaissement à 30km/h de la vitesse maximum sur les boulevards constituant l’anneau de distribution est cohérent avec l’objectif étant de rendre la ceinture de protection plus attractive.

On voit que cet abaissement de la vitesse n’a pas d’impact négatif sur le débit général de l’anneau de distribution.